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Patron de combats 6 novembre 2008

Posted by kokomag in Edito - KoKomaG.
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Camarade ! Tu as sous les yeux la dernière livraison de KoKomaG, le magazine marxiste d’humour et de variété.
Organe de propagande du parti communiste spectral. (Deux membres)

Chaque semaine il te livrera la ligne juste qui te permettra de te guider dans ta longue marche vers la révolution.

Lis-le vite,
reproduis-le en de nombreux exemplaires et redistribue le, tel un virus marxiste au sein de la bulle internet.
Apprends le ensuite par cœur afin d’en faire profiter tes camarades illettrés.

A la semaine prochaine et surtout rappelle toi :
 » Là où il y a de la volonté révolutionnaire, il y a un chemin vers la révolution !  »
Ernesto et Vladimir

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Patron de combats

Vladimir m’exhorte depuis des semaines à vous écrire sur cette notion moderne, voir post-moderne, du « patron de combat ». Précisons tout de suite que je ne suis pas très familier de la vie des bêtes, mais j’ai pu remarquer que le monde du patronat se divise en deux parties. D’une part, il y a l’Éther où vivent les grands patrons ceux que l’on ne voit pas que l’on n’entend pas, ceux qui n’ont pas besoin de travailler pour maintenir leur niveau de vie. D’autre part, il y a la glèbe où vivent, selon la bible, les glèbeux (Genèse 1,26,26 (1)). Ces derniers prétendant faire partie de la race des patrons sont pourtant obligés de travailler pour gagner l’argent nécessaire à leur subsidence. Ces patrons glèbeux forment la colonne vertébrale de la défense du système capitaliste, ils regroupent autour d’eux tout un ensemble de thuriféraires, apologistes, soudards, lansquenets et janissaires. Ceux-ci sont tour à tour, policiers, juges, publicitaires, journalistes, personnages politiques, chacun ayant pour rôle de protéger le système et de combattre ses ennemis. C’est aussi à travers eux que l’on apprend les nouvelles tendances et les nouvelles initiatives des Nephilîm patronaux (2). Tous sont tendus vers leur seul objectif, l’augmentation permanente de leur propre profit financier par la captation maximale de l’usage du travail des êtres humains. Convaincus de leur hégémonie sur les consciences, ils se sont même regroupés en club telle la FEB.

Quelques mantras patronaux
–––––––––––––––––––––––

La F.E.B. (la Fédération des Entreprises de Belgique) se déclare favorable à une limitation des primes d’indemnités pour ruptures contrats des cadres supérieurs et des dirigeants, ce que l’on nome familièrement « les parachutes dorés », à condition qu’on limite aussi les indemnités de licenciement des autres catégories de salariés : cadres, employés et ouvriers. Pour justifier cette position la F.E.B. se réfugie dernière l’exigence d’égalité de traitement entre tous… Toute foi, Pieter Timmermans le patron de la F.E.B., fait l’impasse sur la différence qui existe entre les notions de primes et d’indemnités. Ainsi, les indemnités de licenciement sont des sommes faisant l’objet de réglementations strictes négociées de manière sectorielle. Alors que, les primes octroyées aux cadres supérieurs sont actuellement laissées à la discrétion des cénacles feutrés, des conseils d’administration et des comités de direction. Un intellectuel dirait qu’il s’agit là d’une différence ontologique. Nous nous contenterons de dire que c’est une question de rapport de force et de reconnaissance sociale.

L’Union Européenne, toujours dans un souci de défense des acquis sociaux, adopte ce 11 juin 2008 l’accord sur la durée maximale du temps de travail. L’accord fixe ainsi la durée du travail hebdomadaire à 48h maximum. Mais afin de ne pas handicaper les pays les plus avancés dans la voie du libéralisme, l’UE permet aussi des dérogations à cette règle limitative des 48h. Le texte précise que le travailleur pourra renoncer au plafonnement à 48 heures pour porter son service au bénéfice de l’entreprise à 60 heures. (3)

Pour Jos Goubert, directeur du département Tax Knowledge & Research Center de KPMG Belgique, il faut sauver les gros salaires de la rage taxatoire de notre gouvernement « bolchevique ». En effet, selon lui, avec un taux de 50% de racket gouvernemental pour les revenus supérieur à 38.860 euros, nous sommes presque au niveau de pays du tiers-monde tel que le Danemark avec ses 59%, de la Suède avec ses 55% ou les Pays-Bas avec son taux de 52%. La Belgique partage ainsi la même misère économique que l’Autriche et le Japon. (4)

Mais parfois, la raison patronale se perd dans l’oubli et le refus du dogme marxiste sur les contingences nécessaires à la reproduction de la force de travail. l’Union Européenne de l’Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises (UEAPME) s’inquiète face aux velléités de l’UE qui souhaite allonger la durée des congés de maternité à 18 semaines. Ils argumentent qu’il n’existe aucune preuve que les règles en actuellement vigueur ne soient pas suffisantes et que de plus, ce sera encore aux petits employeurs de payer ces largesses. Pour Catherine Vermeersch, conseiller au département social de la FEB, si l’on ouvre le débat sur les congés de maternité il faudrait aussi ouvrir le débat sur l’ensemble du système de congé. (5)

À la fin du XIXème siècle Lafargue, le gendre de K Marx, s’étonnait dans un petit manifeste (Le Droit à la Paresse), que les travailleurs ne profitaient pas de la mécanisation pour se libérer du travail, mais que bien au contraire ceux-ci semblaient vouloir s’échiner à travail plus vite encore que la machine…
Plus récemment, Judith Bernard écrit à peu près la même chose :

« (…) ces mêmes gens – les pourfendeurs de grève – vantaient leur travail, combien il est épanouissant, gratifiant, stimulant, édifiant pour eux (bref s’ils en parlaient comme je parle d’« œuvrer »), ce slogan me ferait pleurer de joie.

Mais non : ce sont les mêmes – les pourfendeurs de grève – qui, conspuant les « privilégiés » de cheminots-etc, arguent qu’eux (pas cheminots-etc) triment dur et longtemps et que leurs conditions de travail sont au moins aussi dures et que c’est pas rigolo croyez-moi mais que c’est pas pour ça qu’on les entend se plaindre parce qu’eux ils z’ont « compris » qu’on n’avait pas le choix.

Donc, si on rapproche les deux assertions, ça donne :
–  Nous (aussi) on souffre (beaucoup) (plus) au travail.
–  (Mais) laissez-nous souffrir en paix.

Alors ce serait ça, la servitude volontaire… L’aliénation revendiquée.

Et donc, la lutte pour l’émancipation, c’est devenu quoi : une vieille blague que plus personne ne comprend ? On a donc tellement seriné la « valeurtravail » que tout le monde croit vraiment, sincèrement, que dans n’importe quelles conditions, c’est une valeur ? Et que l’humanité n’a désormais plus d’autre horizon que d’être une « masse laborieuse » ? Bingo, Orwell. T’avais tout vu. » (6)

Vous êtes choqué camarade lecteur…

(1) La bible, Entête ; traduction et commentaires : André Chouraqui ; ed : Jean-Claude Lattes – 1992.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Nephilim
(3) http://www.eurogersinfo.com/actu3008.htm
(4) http://www.trends.be/fr/economie/politique-economique/12-1635-46480/la-belgique–4e-pays-le-plus-taxe-au-monde.html
(5) http://www.lalibre.be/societe/sciences-sante/article/450213/18-semaines-de-conge-de-maternite.html
(6) http://www.bigbangblog.net/article.php3?id_article=704

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