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Salles obscures, cellule invisible ! 6 février 2009

Posted by kokomag in Edito - KoKomaG.
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Camarade ! Tu as sous les yeux la dernière livraison de KoKomaG, le magazine marxiste d’humour et de variété.

Organe de propagande du parti communiste S.P.E.C.T.R.E.

Chaque semaine il te livre la ligne juste qui te permettra de te guider dans ta longue marche vers la révolution.

Lis-le vite, reproduis-le en de nombreux exemplaires et redistribue-le, tel un virus marxiste au sein de la bulle internet. Ensuite, crée une cellule syndicale et rédige un cahier de revendication demandant une augmentation immédiate et l’interdiction des licenciements pour des motifs « économiques ».

Et rappelle-toi cette citation du film social « c’est arrivé près de chez vous » qui résume toute la brutalité du système capitaliste :

« Un petit quidam, ça ne fait pas de vague… Tu tues une baleine, t’auras les écolos, t’auras Greenpeace, t’auras le commandant Cousteau sur le dos ! Mais décime un banc de sardines, j’aime autant te dire qu’on t’aidera à les mettre en boîte ! »

Ernesto et Vladimir

Salles obscures, cellule invisible !

« Cinema, cinemaaaaaaaaaaaaaa de salle en salle de ville en ville… » (c’est arrivé près de chez vous, scène Malou Nichons !).

Kamarade, tu en doutais peut-être, mais KoKomaG est avant toute chose une arme de destruction massive sur le front de la Culture ! Contrairement aux fascistes, quand j’entends le mot culture je ne sors pas mon revolver, mais je me fais un plaisir de décrypter sous le spectacle hollywoodien le code subtil de la propagande en marche.

Pour commencer, le très wagnérien « Walkyrie », le nouveau film avec Tom « Top gun» Cruise, qui à partir d’une insignifiante péripétie tente réhabiliter des criminels de guerre de la Wehrmacht en leur donnant le titre de « résistants », les résistants, les vrais, apprécieront ! Une manière de « fabriquer » l’Histoire qui décomplexera ceux qui auront soutenu Hitler jusqu’en 1945 …voir bien après, mais « en privé ».

Et bien, Kamarade pour être sur que tu n’iras pas le voir on te raconte le film :

Le 6 juin 1944, les alliés débarquent (enfin) en Normandie. Pour les boches c’est un signe très clair. La bête immonde est forcée, c’est l’hallali, la défaite, la branlée finale. Le troisième Reich ne terminera pas son millénaire, c’est foutu, c’est plié, y a plus que la trouille, le fanatisme voire les deux qui les poussent encore à se battre. L’armée rouge (pardon, soviétique, soyons polis avec les alliés bourgeois) a déjà saigné les « invincibles » blondinets à Moscou, Leningrad, Stalingrad, Koursk… et s’apprête à leur faire payer (cher) leurs frasques de surhommes autoproclamés.

Dans ce contexte, un quarteron de généraux et d’officiers teutons ayant participé à la soumission de la Pologne, à l’écrasement du ghetto de Varsovie, à la campagne d’Afrique, à la campagne de Russie et à tous les massacres associés, décide, connement, d’assassiner Adolf Hitler… bonne idée en soi, mais venant un peu tard.

Il ne s’agit pas pour eux de raccourcir la fin de la guerre, mais plutôt de sauver leur peau pour négocier une paix plus « honorable » avec les Américains. Il s’agit aussi pour les mutins d’éviter que leur Deutchland chéri tombe dans les mains des moujiks et autres cosaques de l’armée rouge. Leur raisonnement était que, les camps de concentration, les massacres de masses, le génocide, çà pourrait fâcher et que liquider le « Grand Coupable » çà rendrait peut-être les vainqueurs plus compréhensifs.

Nos nouveaux humanistes ourdissent alors un (mauvais) complot basé sur un attentat à la bombe contre le « Führer ». Ensuite, par incompétence crasse (fallait pas radiner sur la quantité d’explosif), ils ratent leur attentat, ratent leur putsch foireux (aucune troupe ne les suit et tous leurs soutiens se dégonflent) et ils finissent fusillés ou pendus par des nazis tout contents de présenter leur « Führer » comme un miraculé touché par la grâce divine.

Bien sûr, cet épisode de la Seconde Guerre mondiale est romanesque… mais reste une péripétie significative de rien. C’est l’histoire classique d’une bande de criminels qui voyant que tout est perdu tente d’assassiner leur chef de gang pour se ménager une porte de sortie… déjà vu 100 fois

Bon allez soyons bon prince (secrétaire général si tu préfères) et reconnaissons que tenter d’assassiner Hitler c’était quand même un beau geste !

Pour rester dans le terrorisme, plus intéressant bien que non moins partial,

le film « Der Baader-Meinhof Komplex », d’Uli Edel. Un film est basé sur les thèses de Stefan Aust qui doit sa seule gloire littéraire à ses relations privilégiées avec le BKA ( le Bureau de la Police Fédérale allemande)

Durant le procès de la RAF (Rote Armee Fraktion ). Aust, grâce au BKA, a eu accès aux documents confidentiels du procès alors que celui-ci était toujours en cours. Toute la documentation qu’il a ainsi rassemblée lui a permis de servir les thèses officielles sur le prétendu suicide d’Ulrike Meinhof ou la mort de Holger Meins entre autres. ( http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7428 )

Reprenant les thèses de Aust, le film dresse une version caricaturale des jeunes idéalistes radicaux qui ont fait tellement peur à l’establishment germanique dans les années ’70. Il faut dire que dans le climat actuel, où la fin justifie aisément les moyens, où la torture redevient une méthode d’enquête acceptable, les conditions d’emprisonnement des membres de la RAF, les méthodes d’interrogatoire auxquels ils ont été soumis paraissent presque anodines ont se croirait presque à Gitmo ou en Israël.

C’est vrai qu’il s’agit de « terroristes », Andréas Baader, Ulrike Meinhof ont commis des attentats à la bombe (sans victimes civiles) et des assassinats ciblés de représentants de la justice et du complexe militaro-industriel allemand, tous plus ou moins héritiers de la période III Reich et parfaitement intégré au « monde libre ».

Par ailleurs, à part le couplet anticommuniste, Uli Edel ne donne aucune clé de compréhension du contexte économique, social et politique qui faisait de l’Allemagne fédérale une pièce centrale du dispositif OTAN à l’époque. Pour peu ou en oublierait la guerre froide, le Viet Nam et les Palestiniens…tiens non pas les Palestiniens ?!


Pour terminer le chapitre cinéma et terrorisme, jetons un œil sur l’actualité du spectacle français.

L’histoire de Julien Coupat et de ses amis est déjà une vraie série policière digne de Navarro ou d’un épisode Julie Lescaut, tu sais celui où avec ses filles elle prend le train pour aller en Corrèze.

Tout commence, le 11(oui le 11) novembre 2008 avec l’opération « Taïga », un commando policier avec caméra et journaliste « embedded » débarque au petit matin, à Tarnac, petit village de Corrèze. Ils sont là pour appréhender les membres d’un dangereux groupe d’anarchistes nommé la « cellule invisible »… Tremble Bourgoisie Sarkozienne !

Faut dire, pour l’establishment ces types sont louches :

  • Ils sont épiciers, mais ils ont une formation universitaire,
  • Ils font la promotion d’un échange égalitaire.
  • Ils refusent la domination de l’économie de marché et le consumérisme.
  • Ils N’ont PAS de GSM,
  • Ce sont des anarchistes, des autonomes, des néo-situationnistes…
  • ils ont une bibliothèque avec des LIVRES

La police à des PREUVES :

  • un baudrier d’escalade,
  • une lampe frontale
  • un coupe-boulons
  • un horaire de la SNCF
  • un tee-shirt du « Che »
  • un disque de manu chao
  • et dans leur potager, une photo de Jacques Chirac avec ses mensurations…heu non çà on n’a pas trouvé.

De plus, il y a la filature, les voitures des suspects arrêtées à proximité d’une voie de chemin de fer en pleine nuit. Notre épicier corrézien et ses amis qui auraient inventé un ingénieux dispositif en fer à cheval avec les bouts recourbés et une barre servant de loquet de blocage.

Ensuite de nuit, ils auraient réussit à poser leur machine infernale sur une caténaire avec 25,000 volts sans s’électrocuter et sans qu’on ait retrouvé de matériel d’isolation.

En somme, un vrai travail d’expert pour la conception et de commando pour la mise en œuvre. WAW font donc pas que fumer des pétards de drogues et écrire des textes illisibles ces post-situs !

Pour Kokomag en tout cas cette affaire pue la manipulation et la grande fumisterie. Coupat et ses camarades servent involontairement la république. La police française, tout comme la police belge et tout comme d’autres polices occidentales, rencontre bien des difficultés à justifier son arsenal législatif antiterroriste post 11 septembre. Il est vrai qu’il est plus facile d’arrêter un intellectuel gauchiste qui ne cache pas, qu’un vrai terroriste planqué et potentiellement armé jusqu’aux dents.

À la semaine prochaine !

Vlad et Ernest

***************************

Le Monde : Témoignage de Gabrielle Hallez, mise en examen dans l’affaire de Tarnac: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/20/tarnac-l-une-des-supposes-terroristes-temoigne_1143981_3232.html

Finalement, la prison est peut-être en passe de devenir un des rares lieux où s’opère la jonction tant redoutée par M. Sarkozy : « S’il y avait une connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat épouvantable », avait-il dit en 2006.

Comme KoKomaG mais en film ! http://television.telerama.fr/television/a-gourdon-l-ultra-gauche-deraille-encore,38444.php

Le syndicat de la magistrature : Affaire de Tarnac : de la « cellule invisible » au terrorisme invisible http://www.syndicat-magistrature.org/spip.php?article825&var_recherche=%20%AB%20cellule%20invisible%20%BB%20au%20terrorisme%20invisible

LGS : AUGUSTIN Complexe Baader-Meinhof ou Syndrome Eichinger-Aust http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7428

Tant que les lions n’auront pas leur propre historien, les récits de chasse glorifieront toujours le chasseur.”


« Ulrike Meinhof a été une espèce de beatnik avant l’heure » http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4300&lg=fr

https://www.jungewelt.de/loginFailed.php?ref=/2007/12-04/004.php

hysteria un mensonge ou un foutage de g****e http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20081116.OBS1132/lsreactions00e5.html?l=0

Mais surtout quand des précaires coupent les caténaires et les panneaux d’autoroute pour revendre le cuivre ou la ferraille ce sont des personnes qui risquent leur vie, quand ce sont des marginaux ou des personnes aux idéaux décalés ce sont des terroristes!

(Extrait d’un commentaire de l’article : Julien Coupat, étudiant brillant et chef présumé des saboteurs)

Tarnac : La « mise au point » du Comité invisible http://juralibertaire.over-blog.com/article-27503153.html

Tarnac et la présomption d’innocence : réponse au juge Fragnoli, par André Vallini http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/29/tarnac-et-la-presomption-d-innocence-reponse-au-juge-fragnoli-par-andre-vallini_1147880_3232.html

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