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Le mur des tropiques 6 novembre 2009

Posted by kokomag in Edito - KoKomaG.
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Camarade ! Tu as sous les yeux la dernière livraison de KoKomaG, le magazine structuralo-marxiste et satyrique !
Organe de propagande du parti communiste S.P.E.C.T.R.E.
Chaque semaine il te livre la ligne juste qui te permettra de te guider dans ta longue marche vers la révolution.
Lis-le vite, reproduis-le en de nombreux exemplaires et redistribue-le, tel un virus marxiste au sein de la bulle internet.

« Le problème avec le socialisme, disait Oscar Wilde, c’est que ça occupe trop de soirées ». cité par Mona Chollet ici http://www.peripheries.net/article323.html

Le mur des tropiques

« le Bolchevisme aujourd’hui », une étude inédite de Claude Levi-strauss

« Je hais le capital et je hais les capitalistes !

Pour eux, le militant Bolcheviste est une créature mythique relevant d’un folklore désuet proche des figures rituelles des grands carnavals que furent la L’URSS, la DDR, ou encore l’Albanie rouge.

Pourtant, bien que déclarés en voie de disparition depuis l’écroulement du mur de Berlin, force est de constater que 30 ans plus tard, des bolchevistes, il en reste…voire qu’ils ont prospéré.
On les rencontre le plus souvent lors de rassemblement festif voire violent mais aussi en pleine opération d’agitprop en train de distribuer des tracts, de coller des affiches (rouges), d’écrire sur les murs des extraits de Das Kapital, ou de récolter des signatures pour une « pétition ».

Sans être (de loin) exhaustif, on peut les classer sommairement en quatre grandes familles :

les Stalino-bolchevistes qui se nomment eux-même les ortho-bolchevistes,
les Mao-bolchevistes préférant s’affubler du qualificatif marxo-lenino-bolchevistes
et les Trotsko-bolchevistes s’appelant plus volontiers internationalo-bolchevistes qui se divisent eux-mêmes en sous-familles (secrétaires unifiées, internationalistes anglais, Gérard Lambert et ouvrières en lutte…)
les bolcho-militants, sous-ensemble hybride réunissant les familles qui ne peuvent être ramenées à un des trois autres types (ex : SPECTRE ou encore l’ANGKAR)

Observons maintenant leurs principales pratiques rituelles :

Le tractage

Le tractage consiste en une opération de don contre don par l’échange symbolique de paroles et de feuillets remplis de formules incantatoires. L’objet du don est dit « objet transactionnel » il a aussi pour fonction d’empêcher tout accumulation de capital monétaire dans l’organisation vu son coût de production élever et la masse produite.

Le tractage participe au rite d’accouplement et de reproduction des bolchevistes. Les mâles comme les femelles s’y adonnent le plus souvent possible. Il est ainsi courant, en dehors de tout rassemblement, de rencontrer un ou une militante Bolcheviste en pleine activité de tractage à même la rue ou à l’entrée d’un temple du travail (usine ou entreprise).

Lorsque le tractage se produit à l’occasion d’un rassemblement, cette pratique prend alors la forme d’un potlach inter-militant. Chaque famille rivalise avec les autres pour séduire les jeunes novices (que l’on nomme ordinairement des « militants ») apparentés ou non déjà à une famille concurrente. (voir photo de la jeune militant nubile en train de tracter).

La manifestation

La manifestation consiste en un défilé de militants, le plus souvent bruyant dans une ville, accompagné parfois de heurts avec « les forces de l’ordre ». Si ce dernier est accompagné d’affrontements armés et d’envahissements de lieux de pouvoir, on parle plus volontiers de « révolution ».
Ces communions déambulatoires sont des événements ponctuels qui ne semblent suivre aucune règle particulière en ce qui concerne leur régularité dans le temps. Ces rassemblements sont l’occasion pour les militants les plus anciens de transmettre leur expérience aux plus jeunes. Cela permet aussi d’identifier les jeunes militants les plus à l’aise qui pourront prendre des responsabilités au sein de la famille. En effet, la transmission du pouvoir au sein des familles de militants semble essentiellement se faire sur base d’une cooptation sanctionnée par une forme d’élection interne.

La réunion

La réunion est le rassemblement en un lieu défini, le plus souvent enfumés de Bolchevistes, pour y tenir des palabres pendant une durée indéterminée. Ces palabres sont tenues dans des groupes réduits mais de taille variable et composés de membres plus ou moins expérimentés ou autorisés (les bolchevistes parlent de « mandatés »)
Bien que soumise à de nombreuses et parfois obscures règles écrites et non-écrites, elles peuvent dégénérer en heurts verbaux (très souvent) ou physiques (plus rare) selon le nombre, le talent et la détermination des participants. Pour clore certaines palabres, les militants procèdent à des votes à main levée ou à bulletin plus ou moins secret. Un vote à main levée imprudent ou une palabre malheureuse peut coûter cher à un militant bolcheviste isolé dit alors « minoritaire » (menchevick en langue sacrée).

Organisation sociétale chez les familles de militants bolchevistes

Toutes les familles de militants partagent une structuration commune.
Au sommet, on trouve un patriarche en communion directe avec l’ancêtre mythique de référence de la famille ; il a pour fonction essentielle de transmettre la pensée de l’ancêtre de référence.
Autour du patriarche, on trouve le « bureau du comité central », dont la fonction consiste à traduire les paroles du patriarche en « mots d’ordre ».
Le troisième cercle réunit les responsables locaux, les chefs de section et autres secrétaires régionaux au sein du « comité central ». Celui-ci est le véritable organe exécutif de la famille, ils définit la stratégie de conquête du pouvoir et compose les « mots d’ordre ». Cet organe régule aussi les flux monétaires de l’organisation, le plus souvent rapidement dilapidés en divers potlach.

Enfin, il y a les militants qui mobiliseront toutes leurs énergies pour réaliser les plans et refinancer l’organisation.

Cette structure générale connaîtra évidemment des spécificités et des adaptations infinies selon les familles mais est plus ou moins stabilisée dans l’ouvrage « Que faire » de Vlad illitch « Lenine » Oulianov.

Les Ortho-bolchevistes

Sta-gnome-diagLes « Stalino-bolchevistes» se conforment (presque) parfaitement à la configuration générique : patriarche, bureau du comité central et comité central. En-dessous, nous trouverons des cellules dites locales. Celles-ci présentent la spécificité de reproduire le schéma organisationnel de la structure centrale, c’est-à-dire : un chef de section en connexion directe avec le comité central, un bureau de section et un comité de section.
La cellule de base agglutine de plus en plus de militants jusqu’à ce que celle-ci ait atteint son nombre critique de membres. La cellule, à ce moment, va générer une sous-cellule locale dont le référent sera sa cellule génitrice.
Le schéma organisationnel général de cette famille peut facilement faire penser à une sorte de fractale. (voir schéma).

En pratique, c’est à la naissance d’un clan de Stalino-militants que l’on désigne le patriarche, qui lui-même choisira son bureau puis son comité central. Le nombre de membres de ces organes spécifiques est alors fixé. L’accès au comité central puis au bureau n’est alors, possible que lors de la disparition définitive d’un de ses membres. Dans le cas des Stalino-militants le remplacement se fera en privilégiant la lignée paternelle masculine du membre disparu. (voir schéma de parenté)

Parente-EGO-01Si ego est membre du comité central, son père est membre du bureau alors que son jeune frère occupe un rang inférieur. La compagne d’ego sera proche du clan sans s’en être obligatoirement membre. Si elle est membre du clan, surtout elle n’occupera pas de fonction supérieure à ego.

Les Marxo-lenino-militants

Les Mao-militants présentent une structure similaire à celle des Stalino-militants avec toutefois deux particularités. D’une part, leur grand ancêtre est le père d’une lignée mythologique parallèle à celle des autres militants. D’autre part, les Mao-militants peuvent encore faire référence à leur terre mythique, à leur pays référant où l’œuvre du Grand Timonier y a été accomplie bien qu’ayant depuis été largement pervertie par ce pourri droitier de DENG !

les internationalo-militants

Tro-gnome-diagCes derniers présentent des caractéristiques tout à fait spécifiques. En effet, en cas de croissance rapide de la cellule il se forme une « tendance » jusqu’à l’arrivée de la taille critique qui engendrera une « scission » qui contrairement au schéma orthodoxe formera une entité entièrement autonome de l’organisation mère. Ce schéma spécifique de l’organisation des Trosko-militants présente plus la forme d’une succession d’ensembles inclusifs, concentriques et parallèles.

Cette sympathique pratique de la scission était jadis accompagnée d’un chant joyeux de la part des autres familles de militants. Nous avons pour vous retrouvé les paroles de ce chant magique : http://revolution.celeonet.fr/index.php?showtopic=15528&mode=threaded


Le chant de la scission
La ligue à Léon
Sur l’air de « la digue du cul »

La ligue à Léon, À deux c’est une tendance,
La ligue à Léon, à deux c’est une tendance
À trois c’est la scission, la Ligue, la Ligue
À trois c’est la scission, la Ligue à Léon Trotsky !

Les bolcho-militants

Bien qu’adoptant un schéma organisationnel de type « que faire ? », les bolcho-militants se caractérisent par une croissance lente et une forte concentration du pouvoir. Son activité est le plus souvent centré sur un travail de mémoire ou une tâche précise (ex : extirper du peuple toute trace de culture coloniale)
Ils pratiquent les mêmes rites que les autres familles mais sans pour autant en adopter les us et coutumes et se caractérisent par une grande variété de mode d’actions et de verbalisation du message bolcheviste.

Ces différentes familles partagent des références mythiques et des ancêtres communs (Karl «das kapital » Marx et le plus souvent Vlad « Lenine » Oulianov). Elles agissent parfois de manières unies (rarement) tout en menant une existence autonome parfois groupusculaire… »

Ici s’arrête l’étude du grand homme, au vu de ces notes liminaires, il est indubitable que ce travail aurait mérité d’être entièrement achevé. En attendant qu’un héritier présomptif et présomptueux se décide à en offrir une version complétée, KoKomaG te propose d’oublier ton chagrin en fêtant dignement le 60ème anniversaire de la république démocratique allemande.

DDR 60 Jahre Propaganda

A la semaine prochaine !
Vlad et Ernest

entrelac-01

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