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Votation, piège à cons 3 décembre 2010

Posted by kokomag in Edito - KoKomaG.
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Camarade ! Tu as sous les yeux la dernière livraison de KoKomaG !
Le courrier du S.P.E.C.T.R.E.
Chaque vendredi, il glisse sur les pistes noires de l’actualité, pour te livrer quelques fulgurances à placer entre deux vins chauds histoire d’élever le débat.
Cette semaine, bien au chaud dans son bunker alpin, nous avons ressorti notre microscope et, tel un entomologiste nous nous sommes penchés sur le cas de l’UDC.
Fachinant !

Et puisqu’on ne l’entendra plus, n’oublions pas

« qu’on devra encore imprimer le rêve de l’égalité / On n’devra jamais supprimer celui de la fraternité / Restent des pointillés … »

Votation, piège à cons !

En suisse, on préfère Heil Hitler à Jean Ziegler !

Camarade !

Un an après l’initiative scandaleuse sur l’interdiction des minarets, les Suisses ont voté cette fois pour l’expulsion des étrangers auteurs de crimes ou de délits.

C’est à l’initiative du mal nommé UDC (Union démocratique du centre) mais mieux nommé en allemand Schweizerische Volkspartei (parti populiste suisse) que le pays des montres et du secret bancaire s’enfonce encore un peu plus dans le repli identitaire et nationaliste, sorte de résurgence hideuse de crétinisme des Alpes mâtiné d’emmental râpé.

Die SVP est donc un parti de droite « dure» et « décomplexée ». Héritier du « Renouveau National », groupuscule d’extrême droite d’après-guerre qui regroupait quelques anciens leaders nationaux socialistes suisses.

Ses thèses sont d’ailleurs celles de toutes les droites fachos : tradition, famille, nation, ratonnons !

Jusque dans les années ’90, l’UDC ne faisait pourtant que vivoter, il disposait d’une petite minorité surtout située dans les cantons alémaniques. Son expansion actuelle a commencé en 1992 après une votation où les swizz se sont prononcés connement contre un rapprochement de la Confédération avec l’Espace Économique Européen. Christoph « Karsher » Blocher alors « führer » de l’UDC ayant tout misé sur ce refus (prévisible), a réussit à transformer cette victoire en plébiscite et à faire son parti le premier parti de Suisse. Toute ressemblance avec les autres extrêmes droites européennes n’est absolument pas fortuite, plus qu’allianza nazionale, l’UDC fait figure de précurseur et de modèle de l’extrême droite 2.0, d’où les nombreux « séminaires » donnés par des membres de l‘UDC aux partis « frères » aux quatre coins de l’Europe (parlement flamand…)

Cette poussée xénophobe aurait pu simplement être circonscrite aux vallées alpines, mais on constate que l’UDC n’est que l’avant-garde d’une droite européenne repliée sur elle-même choyant ses vieilles lubies plus ou moins ouvertement racistes. Il est paradoxal de voir un parti à la politique refermée sur son territoire devenir ainsi le fer de lance des droites décomplexées en France, en Italie et ailleurs en Europe. Mais cela ne fait pourtant aucun doute, à Paris, pour Jean-Yves Camus qui dit :

«C’est clair: l’UDC a un temps d’avance par rapport à toutes les droites dures européennes, note le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite. Sur le plan électoral, elle devance largement les partis comparables en Autriche ou en Norvège. Mais c’est surtout sur le plan de la stratégie politique qu’elle domine les autres. Elle montre une fois de plus que l’extrême droite de papa est bien morte.» – L’UDC, modèle pour la droite dure en France
http://www.swissinfo.ch/fre/politique_suisse/votations/novembre_2010/detail/L_UDC,_modele_pour_la_droite_dure_en_France.html?cid=28924788

Depuis 2007, Toni « truand » Brunner, nouveau leader « charismatique » de cette formation raciste, va s’appliquer : d’une part à donner un visage plus jeune et « propre sur soit » au parti et d’autre part, il va impulser les campagnes actuelles du parti, centré sur la haine et la peur des étrangers, pour changer !

L’historien suisse, Hans-Ulrich Jost, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de l’extrême droite helvétique résume ainsi la situation :

« Il est également évident que le succès électoral de l’UDC n’a été possible que grâce à l’instrumentalisation de la xénophobie et grâce à l’utilisation des préjugés haineux à l’égard des étrangers, en y incluant plus ou moins tacitement les juifs. » – «La Suisse officielle a toujours voulu se défiler face à l’histoire» http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=39336

Le racisme c’est comme les frites Mac Cain, ce sont les gens qui en rencontrent le moins qui votent le plus contre les étrangers. La dernière votation ne fait pas exception à cette règle, les régions où le taux d’étrangers est le plus faible ont voté majoritairement pour leur expulsion. Alors qu’à Genève et à Bâle, villes de cultures contrairement à Zurich ville de coûteuses voitures, l’initiative de l’UDC à été rejetée.
( voir : Plus de «oui» là où il y a moins d’étrangers)
http://www.20min.ch/ro/news/dossier/votations/story/18952456)

Même si Genève connaît un taux de crime plus élevé que la moyenne suisse (mais bien inférieur à celui de Charleroi ville belge pourtant paisible), cette ville n’a pas cédé aux sirènes de la droite « musclée ». Pourtant, là aussi de plussijeune blanc-bec, tel Oskar «minaret » Freysinger, tentent d’y implanter le fascisme sauce romande. Signe des temps, la ville de Genève a d’ailleurs fait très fort en proposant aux futures recrues de sa police municipale de devenir des héros de série télévisée comme on peut le voir ici : http://www.geneve.ch/police/recrutement/ (http://www.lematin.ch/actu/police-genevoise-recrute-fusil-pompe-355988)

Pour faire pièce au fascisme, la réponse camarade reste encore et toujours celle de l’internationalisme et de l’unité de la classe ouvrière par delà les divergences culturelles, linguistiques ou religieuses qui la traversent en tant que groupe social. Ceci est vrai en Flandre comme dans le canton de Vaud. Si la Confédération Suisse a pu être au 19e siècle, un précurseur de l’alliance entre les libertés démocratiques héritées de la révolution française et du respect des identités régionales, il serait dramatique qu’en ce XXIe siècle débutant elle ne devînt la première république ouvertement fasciste d’Europe.

Solidarité avec la résistance suisse, laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes et la peur du noir à ceux qui croient encore en St-Nicolas !

À la semaine prochaine !
Vlad et ernest

L’UDC, modèle pour la droite dure en France
http://www.swissinfo.ch/fre/politique_suisse/votations/novembre_2010/detail/L_UDC,_modele_pour_la_droite_dure_en_France.html?cid=28924788

Un siècle d’affiches politiques «musclées»
http://www.swissinfo.ch/fre/multimedia/galeries_photos/Un_siecle_daffiches_politiques_musclees.html?cid=257884

L’UDC veut enrayer l’afflux d’étudiants étrangers
http://www.24heures.ch/actu/suisse/udc-veut-enrayer-afflux-etudiants-etrangers-2010-12-01

La police genevoise recrute au fusil à pompe
http://www.lematin.ch/actu/police-genevoise-recrute-fusil-pompe-355988

Devenez Suisses!
http://www.lematin.ch/actu/suisse/devenez-suisses-355839

L’UDC monte aux barricades pour la liberté d’opinion et de réunion
http://www.journaldujura.ch/Nouvelles_en_ligne/R_eegion/87365

Vaud: Le Grand Conseil refuse d’interdire le voile à l’école
La motion de l’UDC balayée
http://www.kipa-apic.ch/index.php?pw=&na=0,0,0,0,f&ki=214662

Plus de «oui» là où il y a moins d’étrangers
http://www.20min.ch/ro/news/dossier/votations/story/18952456

Quatre raisons de voter 2X NON le 28 novembre!
http://solidarites.blog.tdg.ch/archive/2010/11/06/quatre-raisons-de-voter-2x-non-le-28-novembre.html

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Commentaires»

1. Tweets that mention Votation, piège à cons « Kokomag's Blog -- Topsy.com - 3 décembre 2010

[…] This post was mentioned on Twitter by Rezo.net, BeNews, jide, Rezo, fury and others. fury said: Votation, piège à cons: [Votation, piège à cons 3 décembre 2010 Posted by kokomag in Edito – KoKomaG. trackback … http://bit.ly/fb3Yzb […]

2. sdfgs - 3 décembre 2010

« Pourtant, là aussi de plussijeune blanc-bec, tel Oskar «minaret » Freysinger, tentent d’y implanter le fascisme sauce romanche. »

Le romanche n’a rien à voir avec la romandie (partie francophone de la suisse).
Il s’agit d’une langue parlé dans des régions rurales de la suisse alémanique.

kokomag - 3 décembre 2010

Tu as toute à fait raison, merci pour ta remarque.

3. gauchedecombat - 3 décembre 2010

et dire que certains à l’ump envient la suisse… et en plus, ils se nomment « droite populaire »… Pauvre peuple ! Jusqu’à quand se laisseront-ils brouter la laine sur le dos ?!!!

4. Woodstock - 6 décembre 2010

Oublions le terme fasciste, trop old fashion et pas vraiment adapté. On assiste plutôt à une resurgence du tribalisme et la Suisse est malheureusement en avance sur son temps (mais y a d’autres exemples en EUROPE). Après « Unus pro omnibus, omnes pro uno », la prochaine devise se pourrait bien être « Kill the poor! »


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