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Education ! Révolution ! 11 mars 2011

Posted by kokomag in Edito - KoKomaG.
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Camarade ! Tu as sous les yeux la dernière livraison de KoKomaG !
Le bulletin du S.P.E.C.T.R.E.
Aujourd’hui, pendant que nos voisins d’Outre-Quiévrain se sondent, profondément, pour arriver à la conclusion dramatique que Nathalie Arthaud ne récolterait que 1% des voix, vos chroniqueurs préférés sont retournés sur les bancs de l’école.
Alors imprime cette brillante analyse en de nombreux exemplaires et va tracter à la sortie de l’école la plus proche !

Et maintenant, vous avez une heure pour me remettre une dissertation dont voici le sujet : « Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui. » André Gide.

Éducation ! Révolution !

Comme le dit le Nine, pas de révolution sans conscience de classe et comme le dit la maîtresse,  pas de conscience sans éducation. (Si j’ai bien compris la leçon, lire le syllabus ici : http://www.marxists.org/francais/marx/47-pdc.htm ). Le droit de grève est un sport de combat ! – https://kokomag.wordpress.com/2008/11/20/le-droit-de-greve-est-un-sport-de-combat/

L’enseignement serait comme le disait Claude Allègre un Mammouth à dégraisser ? Pas vraiment si l’on en croit une brève anecdotique du lundi 7 mars : un cancre d’Australie attaque en justice son école sous prétexte que l’enseignement qu’il y aurait reçu ne lui aurait pas permis d’apprendre à lire, écrire et calculer correctement. (Boy sues government for failing to educate him (en) – http://www.abc.net.au/news/stories/2011/03/07/3157424.htm )


Bien sûr tous les réacs de service (en ce compris quelques profs) vous diront qu’à l’école il y a des cas désespérés. Mais laissons là de ces considérations dignes de Bouvard et Pécuchet compulsant leur dictionnaire des idées reçues, et interrogeons les missions de l’école. Les cons vitupèrent à qui veut les entendre que dans l’enseignement il n’y a que des paresseux et des incapables. Car pour eux c’est de notoriété publique : si les profs étaient capables, ils travailleraient ailleurs, là où on gagne plus en travaillant plus. Qu’en attendant, ils sont payés à rien foutre, qu’ils ont plus de congés que les autres et qu’ils passent leurs temps à se plaindre… il est vrai que l’école concentre beaucoup de frustrations. D’une part, elle symbolise pour les classes inférieures la première marche d’un ascenseur social qui est maintenant en panne, et comme dans une copropriété, les locataires ne veulent pas payer pour un ascenseur en panne. Et d’autre part, elle fait l’objet d’un certain mépris de la part de la petite et moyenne bourgeoisie qui ne voit en elle qu’un moyen commode de garderie relativement inefficace au niveau de la formation donnée. Pourtant, ces cons veulent, pardon, exigent, pour leurs enfants – ceux des autres on verra plus tard – le meilleur enseignement possible, mais… sans voir l’effort social qu’un tel service demande.

http://www.journalducameroun.com/article.php?aid=2627D’abord les moyens bassement matériels : les pays européens consacrent en moyenne un peu plus de 5 % de leur PIB aux dépenses d’enseignement. C’est pas lourd mais c’est suffisant pour leurs capitalistes. Ensuite, au niveau de la qualité de ce dernier, qui est extrêmement variable entre les systèmes, les pays, et bien sûr les classes sociales. Une constante demeure cependant : les classes sociales les plus défavorisées sont souvent les moins bien loties surtout quand le système privilégie la concurrence entre établissements.

De plus, la peur du déclassement nourrit chez une partie de la « classe moyenne » la haine des pauvres et le refus de contribuer à toute forme de solidarité sociale ou économique (le petit-bourgeois doit constamment consommer des biens de prestige pour afficher son opulence, sinon, horreur, c’est qu’il est devenu pauvre), et c’est valable pour l’enseignement aussi. Une réponse « moderne » de nos sociétés capitalistes consiste à prétendre que l’école doit se mettre au service exclusif des besoins des entreprises. Supprimons les cours inutiles donnés par des gauchistes, pour se concentrer sur la production de bons techniciens et d’ouvriers dociles… le Rêve. La classe supérieure bénéficierait, elle, bien entendu d’un enseignement mieux adapté et même d’un supplément d’âme sous la forme d’un cours de Latin optionnel, soyons fou ! Après tout, dans une société libérale capitaliste comme la nôtre, l’école n’est-elle pas déjà une entreprise comme une autre ? Après tout, il y a une direction, une main-d’œuvre (les profs) et des intrants (les enfants) transformés à l’issue du process d’éducation en produits (les diplômés) et si on parlait orientation résultat ? Et encore, si « orienté résultat » signifiait, en toute logique, que c’est le responsable du process qui est responsable du résultat… notre cancre australien n’aurait pas besoin d’intenter un procès à son école : celle-ci aurait vraisemblablement mis plus de zèle à réussir sa formation !

En tenant les parents pour responsables des résultats de leurs rejetons ? Rigolez pas on en parle… (http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3914)

Alors, au lieu d’imaginer l’horreur d’une école consanguine pour filles et fils de cadre, séparée d’une école pour les chiards de prolo, pourquoi ne pas imaginer une école où tous les enfants sans distinction de classe viendraient recevoir le meilleur enseignement possible ? Mais cela existe déjà…
En Finlande, un unique réseau d’enseignement a pour mission de mettre tout en œuvre pour faire réussir les jeunes à l’issue d’un tronc commun de 9 ans. Âgé alors de 15 ans les jeunes choisissent entre des filières techniques ou générales. (Résultats du PISA 2009 : Synthèse http://www.oecd.org/dataoecd/33/5/46624382.pdf )

Armé de ce premier diplôme, le fils du docteur comme la fille du tourneur-fraiseur peuvent alors choisir librement entre des filières techniques ou théoriques sans crainte de trahir leur classe. Et cette liberté conditionnera plus tard leurs rapports de classe dans le monde travail, ils pourront enfin se marier, et au moment de faire des gosses monsieur prendra son congé de paternité car madame doit diriger l’usine…

En somme une école et un système d’enseignement qui ont pour mission de permettre à chacun de développer le plus possible son potentiel. Car l’enseignement reste une des conditions de base de l’émancipation peuples. En Tunisie comme en Égypte, comme demain dans le reste du monde arabe ce sont de jeunes diplômés ont pris conscience de leur propre aliénation et ont permis avec l’aide des prolétaires conscients de renverser les dictatures cacochymes qui les oppressaient.

A la semaine prochaine !
Vlad et Ernest

Meaning of Life – Sex Education

Boy sues government for failing to educate him (en)
http://www.abc.net.au/news/stories/2011/03/07/3157424.htm

Un cancre attaque son école en justice
http://www.lesoir.be/actualite/monde/2011-03-07/un-cancre-attaque-son-ecole-en-justice-826711.php

Claude ANTTILA – Les Belges peuvent-ils devenir finlandais?
http://www.entrees-libres.be/n35_pdf/expose_mois.pdf

Gustave Flaubert – DICTIONNAIRE DES IDÉES REÇUES – 1913
http://www.ebooksgratuits.com/newsendbook.php?id=343&format=pdf

Système éducatif finlandais
http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_%C3%A9ducatif_finlandais

Claude Allègre: le mammouth qui rêve
http://archives.tdg.ch/TG/TG/-/article-2009-05-2356/il-faut-degraisser-le-mammouth

Le déclassement des classes moyennes – Argoul
http://www.atout-finance.com/le-declassement-des-classes-moyennes.php

THEMA – Classes moyenne – La peur du déclassement
http://documentaire-streaming.com/video/681/THEMA–Classes-moyenne–La-peur-du-d%C3%A9classement

Rêves de droite : Défaire l’imaginaire sarkozyste
http://www.legrandsoir.info/Reves-de-droite-Defaire-l-imaginaire-sarkozyste.html

Programme de l’Aped pour un enseignement démocratique en Belgique – Vers l’école commune
http://www.skolo.org/spip.php?article341

The OECD Programme for International Student Assessment (PISA)
http://www.pisa.oecd.org/pages/0,3417,en_32252351_32235731_1_1_1_1_1,00.html

Résultats du PISA 2009 : Synthèse
http://www.oecd.org/dataoecd/33/5/46624382.pdf

La révolution du changement dans la continuité
http://kkmg.wordpress.com/2011/02/06/la-revolution-du-changement-dans-la-continuite/
De la neige en Belgique à l’embrasement tunisien
http://kkmg.wordpress.com/2011/01/14/de-la-neige-en-belgique-a-lembrasement-tunisien/

Je suis une rivière pour mon peuple
https://kokomag.wordpress.com/2011/02/04/je-suis-une-riviere-pour-mon-peuple/
Drame du dégel en Tunisie, 50 morts
https://kokomag.wordpress.com/2011/01/14/drame-du-degel-en-tunisie-50-morts/

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Commentaires»

1. Erik le Noir - 11 mars 2011

L’analyse de fond est très juste. Mais la référence à la Finlande est incomplète, vous négligez un détail : après le tronc commun (cherche le dépeceur), les jeunes se retrouvent, pour entrer dans les filières qualifiantes, techniques ou professionnelles, supérieures, universitaires ou non, face à des examens d’entrées systématiques accompagnés du bienfaisant numerus clausus.

Autrement dit, purge et purgatoire viennent pile entre le paradis enfantin de l’innocence et l’enfer de l’aliénation capitaliste.

Ces « cons », – c’est con -, profs, parents, pédatrucs ou ministres, ne remarquent pas qu’il est impossible de mettre sur pied un enseignement « de la réussite », « sans redoublement », dans lequel chaque élève évoluera « à son rythme » : à chacun son rythme, cadences infernales pour tous !?!

Encore que pour les ministres, j’en ai pris mon parti (ici, rire!) : après la Laurette qui voulait faire « plus avec moins », tel dieu avec rien, et le Nollet, de « la physique sans les math » (et c’est pas M. Jourdain qui contredira sa prose), l’école des loubards d’un autre, ils viennent gonfler leur machine digne du Père Ubu avec compétences (péteuses), pisa (laid) et cpu (non, ils ne vont pas pucer nos mômes tout de suite. C’est certifications par unités).

Les fabuleuses enquêtes européennes PISA évaluent uniquement la performance des élèves à fournir l’Output approprié à un Input donné. La compréhension réelle, le raisonnement n’est pas plus utile à nos enfants qu’aux singes de leurs laboratoires. Pour ce qui est de leur bonheur d’apprendre, ça, c’est encore une idée trop neuve en Europe. Ca vous la coupe ? Comme disait Saint-Just (Convention, 3 mars 1794).

Désolé, on ne rase plus gratis ! Plus la demande d’un enseignement de qualité augmentera, plus son prix sera élevé. Tant pis si quelques contradictions éclatent, ça et là, telles de jolies bulles financières.

Suprême malchance, en Belgïeque, on ne peut même pas voter pour une Marine, des fois qu’on douterait encore qu’avec elle, ça sera pire… Quand leur bazar va péter, je vous dis pas la mélasse…

Refuser d’être un mouton, ne se réduit pas à refuser de bêler comme un mouton.

Sur ce, Camarades,
Salut et fraternité.

(PS : Il faut aussi refuser d’aboyer comme un chien de berger.)


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